Vendredi 14 août 2026
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À la une270 dollars la tonne : le vrai prix de l'enclavement centrafricain

Le Scanner du Business4 juillet 2026Lecture : 2 min

2 milliards FCFA pour Pissa : ce que l'annonce ne vous dit pas

La BDEAC finance un complexe agro-industriel à 80 km de Bangui : manioc, moringa, maïs et soja transformés sur place, 400 emplois promis. Le Scanner a décortiqué les chiffres, et la vraie question n'est pas celle que vous croyez.

Le 8 mai 2026 à Bangui, la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC) a signé un accord de financement de 2 milliards FCFA pour un complexe agro-industriel à Pissa, à environ 80 kilomètres de la capitale, sur la route de Mbaïki. Porteur du projet : la Société industrielle agricole et de développement - Centrafrique (SIAD-CA). Coût total : 4,21 milliards FCFA, dont 47,5 % couverts par la banque.

Les volumes annoncés : 5 400 tonnes de manioc dès 2026, 1 710 tonnes de moringa à partir de 2027, puis le maïs (4 730 tonnes) et le soja (1 774 tonnes) à compter de 2029. Retenez ces chiffres. Nous les ressortirons le moment venu, ligne par ligne.

Mais le Scanner vous le dit : la quantité n'est pas le sujet. Le sujet, ce sont les quatre unités industrielles de transformation prévues : farine de maïs, farine de manioc enrichie, feuilles séchées de moringa, huile de moringa pressée. La matière première ne quitte pas le pays à l'état brut. Elle est transformée là où se crée la valeur. À la clé, selon la BDEAC : plus de 400 emplois directs et indirects, et des recettes fiscales.

Pourquoi c'est important ? Parce que l'agriculture centrafricaine tourne depuis des décennies en dessous de son potentiel : crises à répétition, travail resté manuel. Des programmes comme PAPEUR, financé par le Fonds Bêkou de l'Union européenne (bêkou, l'espoir, en sango), ont commencé à mécaniser et structurer les filières. Pissa pousse la logique un cran plus loin : l'industrialisation de la transformation.

Pour les entrepreneurs qui nous lisent, la leçon vaut de l'or : l'innovation, ce n'est pas forcément une application mobile. Une unité de séchage, une presse à huile, une mini-rizerie, une chaîne de farine enrichie : voilà de l'innovation qui crée des emplois et réduit la dépendance aux importations.

Reste la question qui fâche, et nous la poserons sans relâche : combien d'annonces de ce type ont fini en hangars vides ? La différence entre un communiqué et une usine, c'est la gestion, les débouchés et la stabilité. L'Œil suivra le chantier de Pissa, date après date.

À retenir. 2 milliards FCFA de la BDEAC (signés le 8 mai 2026) pour un complexe agro-industriel à Pissa. Manioc, moringa, maïs et soja transformés sur place via quatre unités industrielles, plus de 400 emplois annoncés. L'innovation, ici, c'est la transformation locale.

Sources : Sika Finance (mai 2026) ; ITC / Programme PAPEUR.

Vous pariez sur quoi : l'usine qui tourne en 2027, ou le hangar vide ? Dites-le en commentaire, on garde les copies.