Les Talents africains17 juillet 2026Lecture : 2 min
La sixième région : ce que la diaspora pourrait rapporter à la RCA

Reconnue comme la sixième région de l'Afrique par l'Union africaine, la diaspora transfère chaque année des milliards et détient une réserve d'expertise que la Centrafrique n'a jamais organisée. Voici comment ça pourrait changer.
Notre précédent décryptage posait le problème : environ 70 000 professionnels qualifiés quittent l'Afrique chaque année. Voici l'autre moitié du dossier, celle qui redonne la main. Depuis 2003, l'Union africaine reconnaît officiellement la diaspora comme la sixième région du continent. Ce n'est pas un symbole : c'est un statut d'acteur du développement.
Premier levier, l'argent. Les diasporas africaines transfèrent chaque année des dizaines de milliards de dollars vers leurs pays d'origine, souvent davantage que l'aide publique au développement. Ces envois soutiennent des familles, mais financent aussi des entreprises, de l'immobilier, des projets. Chaque transfert Western Union que vous voyez passer en ville en fait partie.
Deuxième levier, le plus précieux : l'expertise. Plutôt que d'attendre un retour définitif, rare et coûteux, la migration circulaire fait circuler les compétences : mentorat à distance, missions ponctuelles, enseignement, transfert de savoir-faire, mise en réseau. C'est le passage du brain drain au brain gain, et ce n'est pas de la théorie : le Maroc a structuré des réseaux de compétences expatriées, des associations mobilisent des médecins de la diaspora pour des missions et formations au pays.
Que peut faire concrètement la Centrafrique ? Le Scanner liste, et chacun jugera l'écart avec la réalité : recenser et cartographier sa diaspora qualifiée. Créer des plateformes de mise en relation entre porteurs de projets locaux et mentors ou investisseurs de la diaspora. Faciliter l'investissement par des instruments dédiés et une sécurité juridique digne de ce nom. Et raconter ces contributions, pour créer des modèles.
Restons lucides, c'est notre marque de fabrique : rien de tout cela ne fonctionne sans un environnement minimal de confiance. Sécurité, cadre juridique, transparence. Le brain gain ne se décrète pas, il se construit. Mais il offre une perspective autrement plus stimulante que la déploration.
La diaspora centrafricaine est une ressource stratégique dormante. La question n'est pas de savoir si elle veut aider. C'est de savoir qui va enfin lui tendre une main organisée.
À retenir. La diaspora est reconnue depuis 2003 comme la sixième région de l'Afrique. Elle transfère chaque année des milliards et peut apporter expertise et réseaux via la migration circulaire. La RCA gagnerait à recenser, connecter et mobiliser la sienne.
Sources : Union africaine (2003) ; Banque africaine de développement ; analyses spécialisées.
Membres de la diaspora qui nous lisez depuis Paris, Montréal ou Douala : qu'est-ce qui vous ferait investir au pays demain ? Dites-le, on transmettra. Publiquement.
