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Les Talents africains6 juillet 2026Lecture : 2 min

Made in Centrafrique : la marque que personne n'attendait

Cosmétiques, produits transformés, artisanat : des entrepreneures centrafricaines portent leurs produits jusqu'aux foires régionales. Objectif assumé : faire du Made in Centrafrique un argument d'exportation. Et elles ont raison.

En avril 2026, à Garoua, au nord du Cameroun, le salon FEMINA réunissait des entrepreneures d'Afrique centrale. Parmi les délégations, la Centrafrique s'est distinguée, portée par sa fédération de femmes entrepreneures. Sur les stands, un objectif clair : ancrer le Made in Centrafrique dans les circuits d'exportation formels.

Ne vous y trompez pas : ce qui ressemble à un stand de foire est en réalité une opération stratégique. La qualité de la transformation des produits de base, saluée par les autorités régionales lors de la visite des stands, fait de l'industrialisation à petite échelle un vecteur de souveraineté économique. Vendre un produit fini estampillé de son pays, c'est capter la valeur, créer l'emploi chez soi et exister sur la carte.

Le mouvement dépasse nos frontières. Au forum Choiseul Africa de novembre 2025, le thème était sans ambiguïté : Made with Africa, industrialisation, innovation et exportations pour une croissance partagée. En clair : faire de l'Afrique un créateur de valeur, pas un fournisseur de matières premières ni un déversoir de produits importés.

Le terrain centrafricain est immense : filières agricoles, artisanat riche, savoir-faire féminin déjà structuré autour de rendez-vous comme le SANEF. Ce qui manque, et il faut le dire franchement, ce sont les maillons de l'aval : normes de qualité, conditionnement, labellisation, accès aux foires et aux acheteurs. Des programmes d'appui commencent à combler ces trous en formant les producteurs et en structurant les coopératives.

Produire local n'est pas un repli sur soi. C'est la condition pour exister sur des marchés plus larges : la zone CEMAC et le Bassin du Congo d'abord, le continent ensuite avec la zone de libre-échange africaine. On ne s'exporte bien que lorsqu'on maîtrise sa propre chaîne de valeur.

Et c'est aussi une affaire de récit. Donner un nom, une image et une histoire au Made in Centrafrique, c'est le travail d'un média comme le nôtre autant que celui des entrepreneurs. Rendre ces réussites visibles et désirables, c'est bâtir une fierté économique nationale.

À retenir. Au salon FEMINA 2026 (Garoua), des entrepreneures centrafricaines ont défendu le Made in Centrafrique et son entrée dans les circuits d'exportation formels, en écho au thème Made with Africa du forum Choiseul (novembre 2025). Produire local, c'est la condition pour s'exporter.

Sources : Camer Press Agency (avril 2026) ; forum Choiseul Africa (novembre 2025) ; ITC (PAPEUR).

Question aux consommateurs de Bangui : seriez-vous prêts à payer 10 % de plus pour un produit Made in Centrafrique de qualité égale ? Soyez honnêtes.