Les Coulisses1 juillet 2026Lecture : 2 min
SANEF 2026 : pendant que Bangui regarde ailleurs, les femmes construisent
Produits transformés, cosmétiques naturels, artisanat : au Salon national de l'entrepreneuriat féminin, des Centrafricaines prouvent que la richesse se crée en transformant ici ce que produit le pays. L'Œil y était.
Pendant quelques jours à Bangui, la 3e édition du Salon national de l'entrepreneuriat féminin (SANEF) a réuni des cheffes d'entreprise venues de tout le pays. Sur les stands : des produits agricoles transformés, des cosmétiques à base d'ingrédients naturels, de l'artisanat local. Pas de discours, pas de PowerPoint : des produits qui se vendent.
Posons le décor, sans langue de bois. Dans ce pays, près de 70 % de l'activité économique relève de l'informel. Ces femmes développent leurs affaires avec des moyens dérisoires et une capacité d'adaptation que bien des donneurs de leçons feraient bien d'étudier. Certaines ont fait des centaines de kilomètres de piste pour venir exposer.
Écoutez Patricia Nadège Andichioma, présidente des femmes rurales de Baoro. Dans sa localité, les femmes se sont organisées pour vendre ensemble le fruit de leur travail. Résultat : moins de chômage, des formations, et des enfants scolarisés grâce à ces revenus. L'un de ses fils a terminé ses études à l'université, au Nigeria. Voilà à quoi ressemble le développement quand il ne passe pas par un communiqué ministériel.
Le message central du salon tient en un mot : transformation. Sefora Kodjo, présidente de la Fondation SEPHIS, l'a dit crûment : c'est au moment de la transformation que l'on perd en qualité, alors que c'est précisément là que se trouve la plus-value. Traduction business : celui qui exporte du brut enrichit celui qui transforme.
Avec trois éditions sous la présidence de Portia Déya Abazène, le SANEF s'installe comme une plateforme de mobilisation économique. Ces femmes ne demandent pas la charité. Elles demandent des marchés, des formations et de la visibilité.
À retenir. 3e édition du SANEF à Bangui, autour des produits transformés, des cosmétiques naturels et de l'artisanat. Dans un pays où environ 70 % de l'économie est informelle, des femmes créent de la valeur en transformant localement. La plus-value est dans la transformation, pas dans l'exportation de matières brutes.
Source : Africa24, mars 2026.
Et vous, la dernière fois que vous avez acheté un produit transformé en Centrafrique plutôt qu'un produit importé, c'était quand ?
