Vendredi 14 août 2026
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À la une270 dollars la tonne : le vrai prix de l'enclavement centrafricain

Les Talents africains8 juillet 2026Lecture : 2 min

3 200 entrepreneurs financés : et la tech n'est même pas sur le podium

On vous vend l'entrepreneur africain en développeur d'applications. Les chiffres de la plus grande fondation entrepreneuriale du continent racontent une autre histoire : agricole, créative, alimentaire. Et elle concerne directement la RCA.

Le 22 mars 2026, à Abuja, la Fondation Tony Elumelu (TEF) a dévoilé sa cohorte 2026 : 3 200 jeunes entrepreneurs, issus des 54 pays africains, sélectionnés parmi plus de 265 000 candidatures. Chacun reçoit 5 000 dollars de capital d'amorçage non remboursable, une formation, un mentorat et l'accès à un réseau panafricain. Au total : environ 16 millions de dollars déployés cette année.

Maintenant, le chiffre que personne ne met en avant et qui vaut pourtant la lecture : l'agriculture et l'agrobusiness dominent la cohorte avec 30,7 % des entreprises, devant la mode (8,8 %) et la transformation agroalimentaire (8,66 %). Le gros du bataillon entrepreneurial africain ne code pas. Il cultive, il transforme, il habille, il nourrit.

La cohorte dit aussi qui entreprend vraiment sur ce continent : 51 % de femmes, 75 % de jeunes de 18 à 35 ans, près d'un tiers de bénéficiaires venus de zones rurales. Et une part importante d'entrepreneurs issus d'États dits fragiles. Ce dernier point parle directement à la Centrafrique : la fragilité n'est pas une disqualification.

Derrière ces chiffres, une philosophie : l'africapitalisme, l'idée chère à Tony Elumelu selon laquelle le secteur privé africain est le moteur de la transformation du continent. Ce qui crée des emplois, ce sont les petites entreprises, a-t-il rappelé devant la nouvelle cohorte. Depuis 2015 : plus de 100 millions de dollars distribués à plus de 24 000 entrepreneurs, plus de 4,2 milliards de dollars de revenus générés, plus de 1,5 million d'emplois créés.

Pour les jeunes de Bangui et d'ailleurs, le message est double. Un : votre projet agricole, artisanal ou alimentaire est tout aussi entrepreneurial qu'une startup, et souvent plus finançable, parce qu'il répond à un besoin immédiat. Deux : des dispositifs panafricains existent, ouverts à tous les pays, y compris le nôtre.

Précision utile, parce qu'ici on ne vend pas du rêve : la cohorte 2026 vient d'être annoncée, donc les candidatures de cette édition sont closes. Ce qui se joue maintenant, c'est la préparation du dossier pour la prochaine session : une idée qui résout un vrai problème, un modèle viable, des preuves. L'Œil recensera les échéances, une par une.

À retenir. La Fondation Tony Elumelu a sélectionné 3 200 entrepreneurs (54 pays, 5 000 dollars chacun, environ 16 millions de dollars). L'agriculture domine à 30,7 %, devant la mode et l'agroalimentaire. Programme ouvert à la RCA, candidatures de l'édition en cours closes : préparez la prochaine.

Sources : Fondation Tony Elumelu (mars 2026) ; presse panafricaine.

Combien de jeunes Centrafricains ont candidaté cette année, à votre avis ? Et pourquoi si peu, alors que le programme couvre les 54 pays ?