Le Scanner du Business19 juillet 2026Lecture : 2 min
ZLECAf : le marché est continental, les excuses restent locales

La zone de libre-échange africaine ouvre un marché d'un milliard de consommateurs aux produits centrafricains. Ce qui bloque n'est pas ce qu'on vous raconte : le Scanner détaille les vrais obstacles, y compris celui dont personne ne parle.
Longtemps, les pays africains ont davantage commercé avec le reste du monde qu'entre eux. La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) vise à inverser cette logique en créant l'un des plus grands marchés du monde par le nombre de consommateurs. Pour un pays enclavé comme la Centrafrique, ce n'est pas un dossier diplomatique de plus : c'est une question de survie commerciale.
Les rendez-vous existent déjà. La Foire commerciale intra-africaine (IATF), organisée par Afreximbank, la Commission de l'Union africaine et le secrétariat de la ZLECAf, réunit acheteurs et vendeurs de tout le continent. L'édition 2025, à Alger, visait plus de 44 milliards de dollars d'accords commerciaux et d'investissement. C'est sur ce genre de plateformes que des produits transformés, de l'artisanat ou des biens créatifs centrafricains peuvent trouver preneurs.
Encore faut-il être en mesure d'y vendre. Les obstacles, le Scanner les liste sans fard : qualité et conformité aux normes, capacité à produire en volume régulier, logistique d'un pays enclavé. Et le verrou dont personne ne parle dans les conférences : les paiements. Aujourd'hui, transférer de l'argent entre la zone franc d'Afrique de l'Ouest et celle d'Afrique centrale passe fréquemment par une conversion en euro. Une friction absurde et coûteuse, en plein discours d'intégration continentale.
L'enjeu dépasse l'exportation. Un marché continental, c'est une incitation à monter en gamme et à viser une taille critique. Pour un entrepreneur centrafricain, penser sous-régional dès le départ, la zone CEMAC, le Bassin du Congo, est souvent plus réaliste que de viser d'emblée les 54 pays. Premier palier, pas plafond.
Et les filières les mieux placées sont précisément les moins tech : produits agricoles transformés (farines, huiles, jus, séchés), cosmétiques naturels, artisanat, mode, contenus culturels. Partout où la valeur se crée par la transformation et par la marque, la Centrafrique a une carte à jouer.
La ZLECAf ne fera pas de miracle seule : tout dépendra de la mise en œuvre, des infrastructures et de l'audace des entreprises. L'Œil documentera cet espace : les foires, les règles, les réussites, les échecs. Sans complaisance.
À retenir. La ZLECAf crée un marché continental ouvert aux produits agricoles, artisanaux et créatifs ; l'IATF 2025 (Alger) visait plus de 44 milliards de dollars d'accords. Pour la RCA : viser d'abord le sous-régional (CEMAC, Bassin du Congo), monter en qualité, lever les frictions de normes, de logistique et de paiement.
Source : Afreximbank / secrétariat de la ZLECAf (IATF 2025).
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